Di Montezemelo – La bonne parole
Il y a un an déjà, di Montezemolo avait menacé de claquer la porte. Puis il avait fait machine arrière.
La Scuderia reste liée à la F1 jusqu’en 2012 par les Accords Concorde, mais le “big boss” prévient sur le site d’Autosport que des progrès devront être faits d’ici là, sinon… : «Je veux que la F1 s’améliore d’ici 2012 lorsque nous discuterons d’un nouvel Accord Concorde. Et si ce n’est pas le cas, nous trouverons une source de motivation ailleurs. Je suis allé au Mans et j’ai été impressionné. Nous ne pouvons plus accepter le fossé qui s’est créé en F1 entre les pilotes d’un côté, la presse et le public de l’autre. Avant les stands étaient remplis de jolies filles, aujourd’hui ils ressemblent à un camp de concentration. Et nous devons changer ça ! Il y a beaucoup de réponses à apporter. Nous avons besoin des bonnes personnes à la FIA. Jean Todt est quelqu’un de bien, et il connaît la F1. Je suis persuadé que sa priorité est de changer l’ambiance de la F1 et d’instaurer un nouveau dialogue. Bernie Ecclestone est en fin de carrière mais je suis sûr qu’il saura regarder devant lui, et la FOTA a été très utile et doit rester partie prenant du processus. Il doit exister un lien solide entre ces trois entités.»
Des Grands Prix moins longs, des places moins chères…
Plutôt que se quereller sur les réglements qui se suivent et ne se ressemblent pas, di Montezemolo estime qu’il faut penser la discipline plus globalement : «Tout d’abord nous devons décider ce que nous voulons faire de notre produit. Je pense qu’il doit conserver ses caractéristiques : haute-technologie, performance et recherche. Ensuite nous devons réduire les coûts, mais sans perdre notre âme. Par exemple, les freins carbone sont impossibles à utiliser sur des voitures de série, mais nous pouvons installer des boîtes de vitesses stantards sur les F1 sans perdre nos caractéristiques. Enfin, remplacer des constructeurs par des équipes dont je ne sais pas si elles seront prêtes à temps et compétitives n’est pas une très bonne idée.»
Le patron de Ferrari évoque également les réduction de coûts qui sont allées un peu trop loin, mais se veut optimiste pour l’avenir avec le changement de direction à la FIA : «Il y quelques années, nous pouvions faire des essais tous les jours, aujourd’hui nous ne pouvons plus droit à une seule journée. Il faut trouver un équilibre. Nous devons aussi réfléchir au spectacle. Est-ce une bonne idée de courir à 14h00 ou 15h00 en Europe durant l’été ? Je ne crois pas. Au football ils jouent plus tard, vers 17h00, voire 20h00. Il est vrai qu’une course dure deux heures, mais peut-être devrions-nous les raccourcir. Ce sont des choses dont il faut discuter. Il en est de même du prix de billets, qui est bien trop cher. Aujourd’hui un jeune homme et sa petite amie peuvent traverser le monde pour moins cher qu’un billet de première catégorie à Monza. La FIA ouvre une nouvelle ère, Dieu merci, même si je pense que Mosley a fait de très bonnes choses, notamment concernant la sécurité. Mais avec ce qu’il s’est passé ces deux dernières années, entre les polémiques, le départ des constructeurs, les décisions prises sans concertation, il était temps qu’arrive cette bouffée d’air frais.»
via l’Equipe.fr